Projet Multi-SIS à Montréal

Une étude de faisabilité qui date de 2011.

Une analyse des besoins loin d'être à jour.

En 2011, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal a mené une étude de faisabilité sur l’implantation d’une offre régionale de services d’injection supervisée à Montréal.

Cette étude visait à établir la capacité technique et la faisabilité tant en terme de moyens, de professionnalisation, d'interactions des services, d'organisation que d'acceptabilité d'un tel projet.

Cette étude est aujourd'hui la seule référence quant au recueil d'expression des soutiens ou oppositions des communautés en terme de projet global, pour Montréal. 

PageCouvertureVersUnSIS.jpg 

On peut y lire :

(page 47) 

"plusieurs défenseurs (de la présence de SIS) voient les SIS comme une solution et considèrent qu'ils peuvent contribuer à réduire et à soustraire, particulièrement à la vue des enfants, les pratiques d'injection, le matériel à la traine et l'intoxication."

Le site actuel de Spectre de rue Inc est sur le corridor scolaire, à 150m du centre communautaire, à 200 m de l'école primaire Marguerite-Bourgeoys....

(page 55) 

"(...) plusieurs échanges (rencontres, appels téléphoniques, lettres) ont eu lieu entre le directeur de la santé publique de Montréal et des élus municipaux, provinciaux et fédéraux de la scène montréalaise ; des décideurs de certains grands établissements ; d'un représentant de l'Association des Sociétés de développement commercial (SDC) de Montréal ; des associations de citoyens ; et d'une commissaire scolaire."

Mme Agnès Connat, commissaire scolaire en question, dans un courrier au Docteur Richard Lessard en date du 1er novembre 2011, a posé des balises claires vis à vis de la population de moins de 18 ans.

Elle écrit, entre autres : "Avant de choisir la localisation d'un SIS, appliquer le principe de précaution vis-a-vis d'une école, d'une garderie, d'un parc, d'un centre de sports et de loisirs ou d'un corridor scolaire et se doter de critères d'implantation (au moins 500 m) quant à la distance à laquelle un SIS pourrait être implanté de ces installation."

(page 57)

"Dans ce contexte, le défi de la cohabitation demeure entier. Certains élus se soucient de l'image que pourrait projeter la présence du service auprès des jeunes en général. L'ajout de ce service dans les locaux des organismes communautaires de leur quartier, surtout s'ils se situent à proximité d'écoles ou de garderies, constitueraient pour les familles une préoccupation de premier ordre. Cela dit, ils reconnaissent que les "comités bon voisinage" sont des exemples d'expériences positives."

Le projet de SIS dans les locaux actuels de Spectre de rue inc n'a jamais bénéficié d'un comité de bon voisinage. 
Il est par ailleurs à proximité d'écoles et de garderies (plusieurs CPE et garderies familiales dans les alentours).

(page 58) 

"la concentration d'usagers intoxiqués dont les comportements seraient inquiétants constitue une autre préoccupation. Le SPVM souhaite un engagement et une participation active de la part des intervenants des sites de SIS pour régler ou éviter les situations problématiques sur le plan de la cohabitation (par exemple, contribuer à la gestion des incivilités dans les environs des organismes et dans les parcs)."

En interaction directe avec un corridor scolaire très fréquenté, quelles sont les attentes du SPVM vis-à-vis des usagers de moins de 18 ans du corridor scolaire ?

(page 60) 

"La problématique n'est pas en lien uniquement avec l'itinérance, mais surtout avec les nombreuses sollicitations et les méfaits liés aux revendeurs, aux mendiants, aux personnes en détresse et aux prises avec de graves problèmes de santé mentale et/ou de toxicomanie, et à des organisations criminelles qui tentent de prendre le controle du secteur. Par conséquent, chaque site doit être évalué au cas par cas, selon les enjeux et les conditions de collaboration en regard de la sécurité ainsi que des attentes de la population avoisinante."

Nous avons demandé officiellement au signataire de la demande d'exemption à la loi fédérale pour l'implantation d'un SIS au sein des locaux actuels de Spectre de rue Inc., Monsieur Jason Champagne, de nous donner accès au dossier et à l'évaluation fournie. 

A la date d'aujourd'hui, aucun élément ne nous est parvenu.

***

Une mobilisation qui porte ses fruits.

Vos appuis comptent jour après jour.

Lors d'une rencontre informelle du 5 juillet dernier, les personnes représentantes du milieu éducatif, les parents et l'école, ont réaffirmé aux promoteurs du projet, Dr Massé et Dre Carole Morissette de la DSP, M. Jason Champagne du CIUSSS, et M. Gilles Beauregard de Spectre de rue, leur demande de suspension du projet tel que proposé. Ils ont aussi tenu à réaffirmer que cette rencontre ne pourrait en aucun cas être évoquée comme étant une réunion d'acceptabilité sociale dudit projet, mais bien une réunion d'affirmation d'opposition du milieu au projet d'un SIS au 1280, rue Ontario Est chez Spectre de rue. Ladite rencontre visait, entre autres, à l'évocation d'alternatives à ce dernier projet.

Ils ont à nouveau ouvert des pistes d'adaptation et d'évolution en phase avec le modèle « multi sites» retenu pour Montréal, notamment le choix d'un site éloigné des équipements et circulations dédiés à la jeunesse, des horaires décalés de ceux des activités des enfants, une ouverture permanente du site Cactus… Par ailleurs, ils ont questionné l'opportunité d'équilibrer géographiquement l'offre de services sur les territoires centraux de la métropole, puisque des besoins ont été rapportés également ailleurs et en ciblant particulièrement les moins de 25 ans consommateurs de médicaments opioïdes, comme par exemple dans le Sud-Ouest/St-Henri/Verdun. 

En effet, le modèle « multi sites » prévoit à l'heure actuelle trois sites fixes, Dopamine dans Hochelaga-Maisonneuve (ouvert depuis le 19 juin 2017 avec 3 cubicules accessibles tous les soirs), Cactus dans le Centre-Sud (ouvert depuis le 19 juin 2017 avec 10 cubicules accessibles dès 14h) et l'Anonyme, le SIS mobile desservant les arrondissements d'Hochelaga-Maisonneuve, de Ville-Marie et du Sud-Ouest, ouvert depuis le 19 juin 2017 avec 2 cubicules accessibles tous les soirs et dont l'objectif avoué est de rapatrier les usagers vers les sites fixes de proximité. 

Le site fixe envisagé dans les locaux actuels de Spectre de rue dans le Centre-Sud et dont l'ouverture serait prévue à la rentrée scolaire 2017 proposerait aux 25 usagers quotidiens actuels en moyenne 4 cubicules accessibles de jour, avec un objectif d'environ 60 usagers quotidiens.

A la lecture du modèle « multi sites » tel que proposé, les parents questionnent l'absence d'implantation d'un site fixe d'injection supervisée dans le secteur ouest de la métropole, pourtant du projet initial en 2011, et la concentration de l'offre dans le Centre-Sud, avec deux sites fixes à seulement 1,5 km de distance l'un de l'autre, l'un ouvert dès 14h jusqu'à tard dans la nuit (Cactus), l'autre qui le serait de jour au contact des enfants (Spectre de rue).

SIGNEZ ET PARTAGEZ NOTRE PÉTITION!

Be the first to comment

Please check your e-mail for a link to activate your account.